La position de leader la fascine beaucoup plus que celle du chef. Car la plus grande passion de Nouzha Skalli est de faire aboutir les idées en lesquelles elle croit.Pour ceci, elle n’a pas toujours eu besoin d’avoir des titres. Cette féministe chevronnée, qui a grandement influencé le combat féministe ces dernières décennies, n’a jamais présidé I’ADFM, la tribune culte des revendications féministes au Maroc, une association dont elle est membre fondateur et où elle a toujours eu son mot à dire.

Il faut savoir que Nouzha Skalli détient depuis 1976 le record national du nombre de candidatures aux élections municipales et législatives. C’est au bout de la septième tentative seulement qu’elle est devenue élue municipale à la Commune de Sidi Belyout et ce n’est qu’à la dixième candidature aux élections législatives qu’elle est devenue députée de la première Chambre. « Si mon seul objectif était d’être élue, je me serai découragée au bout de la troisième fois », dit elle. Mais en se présentant plus d’une fois aux élections, Nouzha Skalli cherchait à donner l’exemple et à rendre plus visible le degré d’implication des femmes dans la vie politique de notre pays. Au seuil de chaque campagne, elle déclarait ceci: «Je n’ai pas perdu, je n’ai tout simplement pas été élue ». Est également exemplaire la ténacité de Nouzha Skalli à défendre les idées à contrecourant auxquelles elle a toujours cru. Contentons nous de l’exemple du quota. Cette revendication faisait dresser les cheveux pas seulement des hommes, mais de certaines femmes aussi! « Revendiquer le principe du quota comme étant la seule mesure pouvant garantir le minimum de représentativité aux femmes dans un système qui les excluait choquait beaucoup de monde, raconte Nouzha Skalli, On estimait que c’était une mesure non démocratique. Mais ma conviction a toujours été que la démocratie valait autant par les moyens que par les résultats ». Pour Nouzha Skalli, on l’aura compris, le véritable pouvoir c’est le pouvoir de convaincre. Pour sortir gagnante du combat d’idées qu’elle mène, elle ne recule devant aucune nouvelle responsabilité politique, au risque d’être parfois perçue comme une personne démesurément ambitieuse. Rappelons le: Nouzha Skalli a été la première femme à présider un groupe parlementaire au Maroc. La passion très ancrée de cette dame pour le politique ne devrait pas nous étonner. Pour elle, le politique influe sur le cours de tous les autres domaines et ses activités dans la société civile ne sauraient aucunement se substituer à son combat politique. « Lorsque nous accomplissons un travail de proximité, explique Nouzha, il est important d’avoir une vision politique aussi pour ne pas voir son travail récupéré par une force politique à l’opposé de notre propre orientation ». Quant au pouvoir qu’elle exerce au sein du Parlement, c’est d’abord un pouvoir collectif, tient elle à préciser. Cela ne l’a néanmoins pas empêchée d’évoquer des problématiques qui, jusque là, n’ont jamais été abordées dans l’enceinte du Parlement. Nous pensons à la violence à l’égard des femmes, à la problématique des mères célibataires et des enfants abandonnés aussi. Au grand dam de beaucoup de députés, Nouzha Skalli a soulevé le cas de l’avortement en cas de viol qui, bien qu’interdit par la loi, est très pratiqué. Autres initiatives législatives proposées par Nouzha, la réforme du Code de la nationalité pour permettre enfin à la Marocaine de transmettre sa nationalité à ses enfants.

Nouzha Skalli a également soumis un projet de loi pour la création d’un Observatoire National de l’Egalité qui contrôlerait l’application qui est faite du Code de la Famille et l’accès des femmes aux postes de responsabilité politique et administrative.